Nature ou culture

Penser l’aménagement d’un jardin, c’est, me semble-t-il, l’imaginer dans la continuation de l’environnement immédiat ou du moins dans une forme d’harmonie locale. Ce qui exclut l’aspect juste décoratif (je plante tout et n’importe quoi du moment que cela me plaise et soit fleuri). Mais quel amateur plus ou moins éclairé n’a pas une prédilection pour tel arbre  ou tel fleur enfouie au fond de lui , son petit monde, et qu’il rêve d’admirer au quotidien bien que cela représente un import exotique pour le lieu … Là est le dilemme ! À cela s’ajoute que lorsqu’on a transité comme dans mon cas du sud-ouest au nord-ouest, qu’on s’attendait donc à une toute autre végétation et que à l’inverse on passe son temps bouche bée parce que tout ou presque peut s’épanouir en Normandie (magnolias, figuier, arbre de Judée, glycine, lavande …)  évidemment, cela change la donne !

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Aussi, j’ai pris le parti encore une fois d’ un métissage des influences.

D’abord un petit voyage dans l’histoire du village et de ses différents fiefs parce que c’est comme l’odeur d’un vieux livre … Humm j’ adore !

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Donc, Campigny, du latin campiniacus, désigne un territoire de plaines labourées et cultivées en céréales. Je traverse, longe ces champs sur le plateau qui font partie de mon environnement : blé, orge, colza, betterave, maïs et le merveilleux lin …

Des bois incarnés principalement par des feuillus mais en bon voisinage avec des rangées de houx bordant les chemins et où l’aubépine se taille aussi une bonne place.

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Le résineux le plus représenté serait l’if dont on disait qu’il représentait l’ éternité, le passage entre la vie et la mort, le souvenir éternel. Le bois d’if servait aussi à la confection des arcs, tant pour chasser que pour se défendre et l’arbre était alors considéré comme vital par les habitants qui le protégeaient à leur tour. Avant, vraisemblablement la présence de bruyères en masse mais elles ont totalement disparues. Dommage ! Côté minéral, du silex partout biensûr, si parlant au niveau de ses formes diverses mais qui rend fastidieuses les plantations !

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Aussi, parce que je nage comme un poisson dans les légendes, l’histoire d’une « pierre plate » cachée dans les bois de la Vieville dont l’emplacement exact demeure un mystère et dont le nom a été donné à un chemin du village. Enfin, l’architecture traditionnelle s’exhibe au travers des maisons et autres pressoirs ou caves à cidres et de leurs célèbres colombages souvent inséparables de romantiques vergers.

Si on se projette encore en arrière, il resterait trace de retranchements et enceinte de l’époque romaine.

Bon, comment conjuguer un jardin à toute cette sauce, sachant que concernant les apports « exotiques », mon coeur penche immodérément vers les plantes ou arbustes flanqués de l’adjectif « japonica  » ou qui en ont l’élégance et le dépouillement. Ainsi,  la combinaison  « nature-culture » devra faire avec azalées, pivoines arbustives, pieris, rhododendrons, cognassiers du Japon, spirées « goldflames « , saules crevettes et saules ou noisetiers tortueux …

Enfin et évidemment des rosiers , parce qu’un jardin sans, ça n’existe pas et obligés d’ouvrir le dialogue avec diverses graminées qui ne les ménageront pas .

Finalement, dans la position difficile d’ un chef d’orchestre avec une partition inachevée, en devenir, je dirige les espèces plus locales ou communes vers les haies et massifs brise-vue parce que lors de promenades, noisetiers, aubépines, hêtres, houx, lauriers palmes, merisiers … entremêlés ensemble offrent un spectacle inusable, témoin de la grandeur de Mère Nature et refuge de nuées d’oiseaux.

Les autres seront disséminées ça et là, tantôt en haie contemporaine comme des sculptures ou haie fleurie de séparation , tantôt en massifs décoratifs, îlots de charme stratégiques pour donner l’envie de poser table, chaise et bon bouquin en plein milieu ou dans les coins moins fréquentés du jardin . Enfin, quelques isolés parce qu’amenés à devenir grands. N’oublions pas les 4 fruitiers et autres baies , futurs généreux excitateurs de papilles…

L’ ancien champ entre dans sa phase chrysalide et je crois pouvoir affirmer en me projetant qu’il promet un bel envol…

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