Jouer sur la profondeur de champ

Rhododendron détail

 Lorsqu’on bénéficie d’un grand espace autour de la maison, il faudra choisir entre préférer se perdre dans l’horizon et donc opter pour une forme de neutralité verte ou des plantations de bas étage privilégiant ainsi la longue vue ou même les travellings. Si, au contraire, comme c’est mon cas, on ne se sent exister qu’en mode zoom, la solution consistera peut-être en un fondu enchaîné de divers petits mondes. Mon regard a réellement besoin de s’accrocher à quelque chose sinon c’est un sentiment glaçant de vide qui m’envahit et puis quel subtil plaisir que d’essayer d’imaginer ce qui se cache au détour d’un obstacle, arbre, talus ou massif …

Je savais déjà que l’aubépine protégée par son enceinte de silex, rosiers et graminées deviendrait mon arbre à palabres et que cette douce forteresse serait destinée dès lors à refaire le monde, aux contes et autres lectures inspirées, à la transmission de la sagesse ou encore aux rêveries solitaires.

arbre à palabresallongc3a9-sous-un-arbre

Mais qu’allais-je trouver concernant une bien différente dimension à donner impérativement au jardin, je pense à celle du sport puisque la personne qui compte plus que tout pour moi pratique assidûment cette discipline militaire qu’est la gymnastique  artistique et quoi de mieux  aux beaux jours que de perpétuer la pratique en extérieur? C’est comme ça qu’ a débarqué le jour de ses 15 ans un énorme trampoline imposé à la nature contre tout bon sens mais par amour. J’ai quand même dû affirmer très haut mes limites esthétiques et nous nous sommes donc résolues à lui donner asile tout au fond de la parcelle où il a fini par trouver son équilibre instable près du grillage vers les prés. Mais comme une passion ne désarme jamais, l’ empathie est allée jusqu’à me faire construire une poutre pour satisfaire  un désir sans limite de progresser et voilà que la chose éclose, longiligne de 5 mètres, donnait un nouveau défi à mon projet (projection?) extérieur. Cela a causé une vraie crise intérieure car on veut vraiment faire plaisir mais on ne peut complètement abdiquer de ses valeurs. Alors j’ai réfléchi à tous les éléments à prendre en considération: aller au bout de l’acceptation et placer la poutre quelque part, tenir compte aussi d’un besoin de lâcher prise et de relaxation et enfin satisfaire à l’exigence de non sabotage de ma création en cours. Ainsi est née l’idée, dans le bout de jardin à l’arrière de la maison et qui se trouvait sans emploi , d’un petit monde zen propice à la concentration dans l’exercice, au milieu duquel trône la poutre dans sa sobriété minimaliste. Et pour parfaire cet espace de méditation en termes horticoles, j’ai décidé de planter à chaque extrêmité ce qui deviendra un futur massif japonisant composé de rhododendrons, azalées et skimmias parce qu’il ne faut jamais oublier que concevoir un paysage nécessite une projection dans le temps. A noter un autre avantage à la venue de ces arbustes, c’est qu’ils feront disparaître comme par magie une face du trampoline, très euphorisant en pratique mais cependant pas très heureux pour la vue lorsqu’il n’est pas enterré au niveau du sol …

Enfin, comme dernière touche à cette installation, une magnifique souche débusquée au hasard d’un débroussaillage que j’ai postée frontalement à la poutre à 2m50 de distance et qui en impose par sa force et son humilité à la fois.

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