L’essence du jardin

 

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Pourquoi créer un jardin ? Pour quelle raison y passer ou y investir tant de temps ? Pourquoi les mains terreuses et gluantes, les bottes crottées qui se font une nouvelle semelle, la bêche en lutte avec une armée de silex agglutinés, le dos cassé et les ampoules qui saignent ?

Parce qu’il répond à des besoins archaïques et essentiels, parce qu’il devient une projection de notre monde intérieur et de son opulence, parce qu’il peut protéger en recréant un paradis à notre image, puisqu’il a même valeur de médecine pour le corps et l’esprit.

D’autres ont dit les choses mieux que je ne l’aurais fait, je les citerai donc.

Feng shui

 

« Alors que, depuis la nuit des temps, le jardin remplit des fonctions esthétiques chez les nantis, alimentaires et curatives chez les autres quand il se fait verger, potager ou jardin de plantes médicinales, à l’heure actuelle, il est investi (…) d’une mission aussi urgente qu’élevée. Il s’agit en filigrane pour l’homme d’y trouver de nouveaux repères, de nouvelles limites afin de contrebalancer le stress permanent d’une société de plus en plus virtuelle et menacée.

C’est parce qu’il se présente aussi comme fondement et finalité de nos idéaux, parce qu’il est un espace concret offert à l’enracinement et à la confrontation à des éléments vivants, que le jardin d’aujourd’hui vient combler des besoins fondamentaux. Par son rapport direct aux choses et à la nature et par sa force de ressourcement, il permet à l’individu de se recentrer sur son être profond. Psychologues et sociologues le confirmeront: par le biais de la valeur refuge qu’il véhicule, le jardin force la recherche d’un équilibre dans un espace aussi solide et stable que la terre qui le constitue. Cette recherche s’inscrit en contrepoint dans un ordre supérieur, celui de Mère Nature. Le monde actuel s’est brouillé, devenant difficilement identifiable pour bon nombre d’individus, les jeunes en première ligne, et n’apporte plus la sécurité et la stabilité suffisantes. Toutes ces ruptures continuent à donner au jardin et à la terre, par analogie au niveau « sol »de la maison ou du lieu de travail, une place différente. La pensée contemporaine, aussi immatérielle soit-elle, ne pourrait malgré tout se passer du réel et de l’ancrage à la terre.

Tout comme notre maison, le jardin est le reflet de notre monde intérieur et avec lui aussi s’établit un rapport complexe, miroir de notre relation au monde. Nous y cherchons nos racines, nous nous y évadons du réel, nous y affichons notre puissance, nous y cultivons notre force. Le jardinage participe de la santé mentale des individus. On y fait le vide, on y décroche … autant de déclinaisons de sa valeur thérapeutique. Car en plus d’offrir un outil d’aide au bien-être et à l’équilibre, le jardinage peut stimuler le traitement de sérieuses pathologies (maladies mentales ou épisodes de longues convalescence).

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Cultivons notre jardin

Les enjeux du jardin sont toujours des plus impérieux. Ils touchent à l’essentiel de notre vie intérieure, principalement parce que le jardin est la projection de notre relation à la nature et se situe au croisement des tensions qui construisent notre rapport au monde. En fait, quand nous travaillons dans notre jardin, nous travaillons sur notre être tout entier: il représente un véritable lieu d’ancrage où peut se déployer notre sentiment de sécurité, un lieu de redéfinition aussi, de reterritorialisation. Les valeurs d’appropriation se resserrent ici autour de l’être et de l’intimité de l’individu.

La pensée, comme le corps, éprouvent de façon capitale le besoin de se nourrir dans la relation à un site. Le jardin offre, comme la maison, des outils symboliques forts: son sol stable et ferme, ses structures, ses horizons et ses limites, d’où l’importance des palissades et clôtures qui l’enferment pour le confort moral et psychique de l’habitant.En effet, les bornages vont circonscrire le champ de sa pensée et lui permettre de percevoir la signification de la finitude et par là même, la volonté de dépasser ses propres limites. La structure de son espace-jardin va ainsi baliser son champ d’action et imposer un cadre avec lequel il devra forcément composer. En même temps, le maintien dans un cadre clos laissera affleurer à sa conscience ses propres repères, le sens et la destination qu’il donne à sa vie. Se confronter à ce support limité lui servira enfin de tremplin pour donner toute la mesure de son être.

Nous recherchons, dans notre jardin, un lieu juste qui soit le prolongement de nous-mêmes en faisant écho à nos préoccupations intimes et nos secrètes aspirations. C’est dans notre âme qu’il nous fait pénétrer parce qu’il opère toujours au plus profond de notre être. Nietzsche le disait: C’EST BIEN EN NOUS QUE NOUS DÉAMBULONS QUAND NOUS DÉAMBULONS DANS NOTRE JARDIN.

Walking

(…) Alors, marchons pieds nus sur l’herbe dans la rosée du petit matin. On assure que 20 minutes de ce doux contact à la terre ressource pour la journée entière ! ».

Ce n’est pas rien !… même si une grande partie de tout ceci s’élabore à l’ombre dans notre inconscience … Aussi, lâchez tout, sans compter avec le regard ou l’avis des autres. Convoquez les inspirations les plus diverses : musique, films, tableaux, voyages, revues, visites de sites connus ou moins, balades … Fiez-vous à vos intuitions, composez en mêlant les styles ou arborez celui en lequel vous voulez qu’on vous retrouve, trouver la végétation qui vous parle. En ce qui me concerne, je pourrais aisément imaginer marier la sobriété du Japon avec des éléments romantiques ou encore une touche de contemporain. Quand je sors me promener dans mon jardin, je pense terre nourricière avec Pierre Rabhi, je rêve de bancs publics ou d’un arbre sous lequel m’allonger pour planer au rythme de Debussy ou de Schubert, j’aimerais savoir recréer l’atmosphère de la campagne adorée dans les films de James Ivory ou la Toscane de Bertolucci, je me rappelle de Camille Claudel et de son rapport corporel à l’argile. Je me fais plaisir à projeter de futures oeuvres de Land Art qui donnent du sens ou encore à dénicher le bon coin pour y installer une cible et pratiquer le tir à l’arc comme méditation ! Et j’en passe …

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A votre tour maintenant, commencez à anticiper et à vous réjouir des projets printaniers !

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. francefougere dit :

    Aujourd’hui, sur mon jardin en terrasse perchée, la première giroflée mauve a fleuri 🙂 après la première pervenche … amicalement – france 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Ici, juste le jeune cognassier du Japon cher à mon coeur qui pointe ses 1ers bourgeons rouge passion 👌🏻Magnifique une terrasse perchée !

      J'aime

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