Le jardin royal

En ces temps où il est de coutume de fêter les rois et reines, je pose mon regard en différents points du jardin et me demande qui trône ici. Il est connu que depuis bien longtemps la rose a été sacrée  reine suprême ou aussi le chêne roi des arbres mais qu’ advient-il de tout cela si on laisse libre cours à ses émotions végétales ou si chacun prend part à un jeu de portrait chinois horticole ? J’aime à croire que chaque espèce trouverait son inconditionnel(le), que chaque jardinier dans l’âme sortirait vite des sentiers communs et rêverait de se porter vassal d’une identité inattendue et au 1er abord déconcertante : belle Dame, altière, orgueilleuse, ou au contraire timide, toute fragile ; solide Seigneur, profondément enraciné, protecteur ou élancé jusqu’aux cieux et toujours en famille ; jeunes espoirs plein de promesses qui cherchent leur place et apprennent à s’exprimer, certains pas forcément beaux mais qui attirent la sympathie des visiteurs ailés.

… Comme chaque être humain, je crois que tout habitant de la flore a une histoire à raconter et un charme qui le destine inévitablement à devenir l’élu de la bonne personne. Il sera alors adoubé ou courtisé, mis en valeur, chanté ou accompagné par des mains expertes qui le guideront vers sa quintessence et son accomplissement.

Pour ce qui est de mon petit fief normand, l’évidence s’impose avec la dominante aubépine qui surplombe son monde, place forte et épineuse du jardin, qui est à coup sûr venue s’implanter là sans prévenir et qui, en fine stratège, a su organiser sa survie en se faisant remarquer par un œil averti ! Duègne, reine, jeune fille en fleurs, elle peut jouer tous les rôles avec grâce et dignité.

Mais si je devais lui adjoindre une élégante cour faisant le plus bel effet en contrepoint à sa robustesse, ce serait en compagnie de mes valets de coeur qui formeront à terme l’allée royale, mes chers saules tortueux aux allures de harpes si graciles alternés de noisetiers du même nom qui prennent leur temps dans leur complexité et qui pourraient rappeler l’ivresse de la vigne dans leurs méandres accrocheurs, animés enfin par la flamboyante proximité des crinolines de gentes pivoines des beaux jours.

Aussi, surtout, n’hésitez pas en retour à partager avec moi vos  atouts , à abattre vos cartes et à communiquer pourquoi ils ont fini par assiéger votre jardin …

Cartes

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