Journal de bord : de la madeleine de Proust à Sisyphe  

En ces 1 ers jours de retour actif au jardin, le bilan est partagé entre 2 pôles : d’abord un sentiment de renaissance avec les mains noires de terre et de profonde respiration, puis le constat lourd d’une montagne de choses à faire, rattraper et créer. La nature est vraiment trop forte pour nous et l’esprit qui s’est emballé tout l’hiver au gré de mille projets collectionnés ça et là est vite remis à sa place quand tout se comptabilise en temps et sueur. Quand on sait que juste l’entretien régulier est déjà quasi inabordable, qu’il faut en plus trouver des solutions à des complications pas prévues, qu’on a le don comme moi de créer des configurations qui complexifient encore les choses juste pour la poésie

, céder au chant  du foisonnement des inspirations risque d’amener rapidement au burn-out ! J’en ai déjà eu un petit aperçu l’été dernier quand se sont rajoutés aux affaires du jardin, le ravitaillement en eau aux chevaux   ( eh oui j’avais fait la surprise à ma fille de rapatrier son poney adoré du sud )

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rendu épuisant par la sécheresse, le manque d’installation adéquate et les hautes herbes qu’il a fallu dompter à coup d’allées d’accès aux pâtures en débroussaillant héroïquement ! Pas du tout envie d’être vampirisée à nouveau…

Mais bon, ce qui fait aussi le plaisir du jardinier est d’innover, de jouer le  » grand créateur » de son petit monde, d’être libre de donner vie à ses images (-ginations), de pouvoir agir instinctivement ou sur un coup de tête sans demander l’avis de personne, de vivre sa propre nature sans questionnement… quand seulement la nature avec son grand N lui fournira un verdict irrévocable !

Aussi, je ne me décourage pas, je respire avec plus grand que moi et accomplis les 1 ères besognes de désherbage, de replantation d’éléments morts faisant partie d’un ensemble pour ne pas le briser, de déplacement qui harmoniseront certaines chorégraphies tout en considérant du coin de l’œil ce qui doit être fini, réparé ou revu. Et tout cela prend vite l’allure d’un liste infinie contrariant l’ appel de nouveauté censuré rapidement par la raison qui m’intime d’achever ce que j’ai commencé … Bon, alors, voyons ce que j’ai laissé en reste …

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Commençons par ce projet directionnel que j’avais entamé parce que j’ai toujours eu un faible pour ces pancartes de fortune qu’on rencontre sur les foires, marchés, vide-greniers ou autre événement qui jalonnent le calendrier campagnard. Je voulais la mienne en couleurs pour compenser le manque de peps causé par l’absence de fleurs. Mais aussi porteuse de rêve, rapport aux animations que j’aimerais faire éclore au jardin, comme les lectures sous l’aubépine. Enfin, et puisque c’est tout de même sa fonction première, la taguer de multiples directions correspondant aux divers micro-univers déjà en place ou en clin d’œil à une spécificité architecturale du coin tel le Gros Horloge de Rouen

(ville qui me permet en même temps de ramener un peu de l’âme de Flaubert avec nous …).

Mais comme ancienne citadine, j’ai aussi gardé une certaine nostalgie des plaques de rue qui accompagnaient tous mes déplacements et qui, les jours d’humeur joueuse, prenaient l’air d’un « questions pour un champion »pour retrouver l'(H)histoire qui s’y rapportait. C’est ainsi que j’ai eu envie de craquer sur une 1ère plaque vue par hasard sur une foire et que j’espère bientôt associer à quelques autres pour donner à mon jardin un petit air de square. Reste à aller au bout de mon idée, à reprendre les pinceaux, clous et marteau pour mettre le tout en place ! J’adore l’atmosphère des squares …

Ensuite, j’ai en ma possession depuis un certain temps quelques pierres personnifiées par une amie et qui , plantées sur tiges en bouquet ou séparées (je ne sais pas encore) apporteraient à la fois une touche humoristique en même temps qu’une trace d’ancien monde comme celui des salons littéraires ou soirs d’opéra qui colle bien à mon imaginaire … Mais jusqu’à présent, j’ai rencontré des difficultés pour percer suffisamment profondément la roche et à trouver  le support adéquat à ces poids.

Enfin, j’avais aimé l’idée de créer une jardinière longiligne et suspendue à un mur pour y exhiber une composition de succulentes et de lierre pour son effet romantique. Elle était fabriquée à partir d’une reconversion de palettes mais il s’est avéré que l’espace alloué à la terre est vite devenu trop juste en nourriture et que les plantes se sont senties à l’étroit. Il me faut donc tout reprendre à zéro et penser une nouvelle installation. Peut-être une autre jardinière mais format XXL, en carré et avec de la hauteur , qui ferait figure d’autel ou de pyramide aztèque au centre d’un espace assez ouvert: bref, le sacre des cactus ! … Mais il va falloir rassembler encore quelques bonnes heures de travail …

Bon, je m’arrête là parce que, même si ce récit n’est pas du tout exhaustif quant aux tâches qui m’attendent, vous et moi risquerions l’overdose ! Et, comme vous l’avez sûrement compris, ma tête marche beaucoup plus vite que mes bras !

Mais pour terminer sur une image de jardinière heureuse, parallèlement à mes heures de labeur, j’ai eu la chance de vivre un coup de foudre. En passant devant chez la fleuriste, j’ai pilé net, harponnée du regard par une beauté fragile, fluide et forte en personnalité tout à la fois, cette azalée aux pétales d’un blanc éclatant et pourtant affublée d’un sobriquet pour le moins inattendu puisqu’il s’agit de « Mémé »!

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