Pensée 41

Chateaubriand et les arbres

L’amour que Chateaubriand portait à ses arbres était profond, animé par un sentiment presque religieux de la nature. Lorsque, dans ses Mémoires d’outre-tombe, il évoque le jardin qu’il a lui-même créé à la Vallée-aux-Loups, c’est de ses arbres qu’il parle avec le plus de passion et une tendresse toute romantique.

« Il y a quatre ans qu’à mon retour de la Terre Sainte, j’achetai près du hameau d’Aulnay, dans le voisinage de Sceaux et de Châtenay, une maison de jardinier, cachée parmi les collines couvertes de bois. Le terrain inégal et sablonneux dépendant de cette maison n’était qu’un verger sauvage au bout duquel se trouvait une ravine et un taillis de châtaigniers. Cet étroit espace me parut propre à renfermer mes longues espérances ; spatio brevi spem longam reseces[2]. Les arbres que j’y ai plantés prospèrent, ils sont encore si petits que je leur donne de l’ombre quand je me place entre eux et le soleil. Un jour, en me rendant cette ombre, ils protégeront mes vieux ans comme j’ai protégé leur jeunesse. Je les ai choisis autant que je l’ai pu des divers climats où j’ai erré, ils rappellent mes voyages et nourrissent au fond de mon cœur d’autres illusions ».

Pour en savoir plus :

http://maison-de-chateaubriand.hauts-de-seine.fr/web/chateaubriand/chateaubriand-et-ses-arbres

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