Pensée 135

57. Choses qui émeuvent profondément.

… A la fin du neuvième mois ou au début du dixième, la musique des grillons qui vous parvient, si faible qu’on ne sait dire si on l’entend ou non.

Une poule étalée sur ses poussins, pour les protéger.

Tard en automne, les gouttes de rosée qui brillent comme des perles de toutes sortes sur les roseaux du jardin.

Le soir, quand le vent souffle dans les bambous, au bord de la rivière.

S’éveiller à l’aube, et aussi s’éveiller la nuit, c’est toujours émouvant.

Un village dans la montagne, sous la neige.

… La lande en automne.

De très vieux bonzes qui font leurs pieux exercices.

Une chaumière délabrée où grimpe et s’accroche le houblon, avec un jardin où croissent à l’envi l’armoise et les herbes folles, lorsque la clarté de la lune les illumine sans laisser un coin sombre, et que le vent souffle doucement.

Notes de chevet, Sei Shônagon

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